03-01-2008 08:40
L’inquiétude des bars à chicha
Les propriétaires craignent de
devoir fermer leurs
établissements...

Photo : j.d/metro
Habib Touati a
aménagé une
salle spéciale
pour les fumeurs
de narguilé.
“C’est bien simple, cette loi
antitabac, c’est comme si on disait
à un boulanger de ne plus vendre que
des canettes et d’arrêter de
commercialiser du pain”, fulmine
Walid Nouri, propriétaire de El
Kantaoui, un salon de thé bar à
chichas situé rue Robert, dans le
VIIe arrondissement de Marseille.
Une salle dédiée au narguilé
“J’ai investi 120 000 euros dans ce
lieu pour installer notamment des
extracteurs de fumée et la chicha,
c’est 90% de mon chiffre
d’affaires”, plaide-t-il. “Les gens
qui viennent ici, c’est d’abord pour
se retrouver avec des amis et fumer
le narguilé, et accessoirement pour
manger un gâteau et boire un thé.
Dans ces conditions, comment ne pas
être très inquiet.” Walid Nouri, qui
explique être dans l’impossibilité
d’aménager un “fumoir” dans son
établissement de 40 m2, se dit prêt
à payer les éventuelles amendes…
avant d’attaquer collectivement
l’Etat en justice, avec d’autres
confrères de Paris, Lille ou Lyon,
regroupés comme lui au sein de
l’Union des professionnels du
narguilé.
Habib Touati, propriétaire du
restaurant Habib’s, quai de
Rive-Neuve, se dit également inquiet
par le décret antitabac, entré en
vigueur depuis le début de l’année.
“Les gens vont chez Habib pour la
chicha : c’est le petit plus. Parce
que des restaurants orientaux, ce
n’est pas ce qui manque à
Marseille”, explique-t-il. Pour
cela, une salle de 100 m2 équipée
d’extracteurs de fumée, attenante à
celle du restaurant, a été dédiée
aux adeptes du narguilé.
“On paiera l’amende”
Le propriétaire des lieux espère que
cet aménagement sera suffisant pour
poursuivre son activité. “Le cas
échéant, on paiera l’amende et on
fera les éventuels travaux de mise
aux normes”, prévient-il. “Parce
qu’un lieu de convivialité
orientale” ne se conçoit pas, selon
lui, “sans de la boisson, de la
musique, de quoi se restaurer… et
fumer la chicha”.